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En 1635,
durant la guerre de Trente Ans, Français et
Espagnols occupent tour à
tour
les territoires. Les pertes sont lourdes, et le patrimoine subira des
consé-
quences
irréparables, car Croates et Bulgares
(qui donneront bougres en français)
de
certaines troupes ne laissent
derrière
eux aucune "pierre sur pierre", justifiant
leur terrible
réputation. Des villages entiers,
dont le nom même s’est perdu, tel
Monstrelet,
près de Villeroy, ont
été rayés de la carte. Ceux qui ont la "chance"
d’être détruits
par les
Espagnols peuvent espérer sauver leurs églises,
comme à
Mons,
près de Béalcourt. Les invasions successives ont raison des derniers
châteaux féodaux.
Sans
abri face aux guerriers, les habitants construisent
des
souterrains
refuges sous leurs villages, les muches (ci-contre), pour s’y
abriter
avec biens et bétail. La fin
des conflits s’annonce vers 1659 avec la signature
d’un
traité
redonnant l’Artois à la France : l’Authie n’est plus frontière.
Cependant,
Artois et Picardie restent sous des régimes différents, notamment au
niveau
des
impôts.
Dans l'Artois annexé, la taille, la gabelle,
les aides, le timbre
ne
sont pas perçus. Le sel et le tabac y étant, par
conséquent, moins imposés,
un trafic
se met en place : les
Picards,
approvisionnés par
l’Artois, retournent chez
eux
lors de processions durant lesquelles aucun participant ne pouvait être fouillé,
appelées,
à juste titre, processions salées. Le retour au
calme, le
développement
économique
sont, à cette époque, autant de facteurs
favorisant
l’apparition de
nombreux
châteaux de plaisance
:
la vallée goûte alors
un peu de
tranquillité.
En 1789, suite à
la création des départements
remplaçant les provinces,
l’Authie
reprend sa fonction
de frontière,
administrative cette fois. Là encore, le partage
n’est
pas simple. Certaines animosités
persistent et, malgré le décret imposant
qu’une
commune limitrophe
appartienne au département où se situe son église,
certains
choisissent fermement leur camp. C’est ainsi que, pendant une année,
Auxi-le-Château
reste divisé en deux, avant d’être rattaché
au Pas-de-Calais.
Aujourd’hui, après plus de deux siècles, le
Val d’Authie s’offre aux visiteurs
comme
une entité cohérente, marquée d’un
caractère fort et attractif
comme à ses origines.
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