Les hommes et leurs activités

L’agriculture occupe une place importante dans l’économie de la vallée. Elle

se situe essentiellement sur les versants non abrupts et les plateaux, riches en

limons, terres fertiles. La polyculture et l’élevage en sont les composantes

principales. Les coteaux abrupts étaient utilisés pour le pâturage. Ces pelouses

calcicoles, ou larris, sont de moins en moins pâturées par les ovins. Elles tendent

à disparaître tout doucement au profit de la forêt. Ponctuellement, la  culture du

tabac persiste, tout comme l’arboriculture. La populiculture s’est, au contraire,

beaucoup développée dans le fond de la vallée humide. Seulement, les peupliers

créent des écrans visuels importants, barrent la vallée et conduisent à une

uniformisation du paysage de fond de vallée.

Mais la vallée est riche de beaux peuplements diversifiés, dont les franges font

bon ménage avec l’agriculture, créant des paysages bucoliques pleins de charme.

Les forêts d’Auxi-le-Château et de Lucheux sont exploitées et gérées en

conséquence, tout en respectant la force et la beauté du milieu naturel.

Le bocage est une entité paysagère encore présente dans la vallée. Son usage

économique est limité à la production de bois de chauffage.

En dehors de l’agriculture, le tourisme lié à la pêche est une activité qui

se développe. La présence de l’eau et son captage aisé en fond de vallée

permettent la création de petits étangs, essentiellement à destination de

pêche. Un habitat léger y est souvent associé. L’intégration de ce bâti est

extrêmement importante pour ne pas dévaloriser le paysage de la vallée ;

de même pour les campings jalonnant les moyenne et basse vallées.

La richesse de la vallée tient également au fait que l’agriculture, l’industrie

et l’habitat n’ont pas conquis tout l’espace. Les milieux naturels occupent 

une place importante dans la vallée. Leur présence en des situations fort

différentes (fond de vallée, coteaux, voisinage de la mer...) contribue à

diversifier leurs composantes faunistiques et floristiques, et ainsi, à enrichir

les paysages.

Outre les industrialisations ponctuelles dans le temps ou l’espace

(fabrication de chaussures et émailleries à Auxi, ballastières dans l’estuaire),

l’exploitation de l’ensemble de la rivière apparaît comme un atout dans la

vallée. Les moulins à eau, très nombreux jusqu’au début du XXème siècle

(un tous les 2 km en moyenne), en sont la parfaite illustration. Devenue de

nos jours obsolète, cette activité disparaît au profit du tourisme dont l’impact

économique ne cesse de s’accroître (développement de la pisciculture,

présence de quantité de terrains de camping, apparition d’espaces d’accueil,

de détente et de promenade, sports nautiques comme le canoë-kayak).

Le rapport de l’homme à l’eau semble avoir considérablement évolué : la

rivière perd petit à petit son rôle utilitaire, elle ne prévaut plus sur l’homme

qui devait, auparavant, composer avec elle. Aujourd’hui, l’homme "conduit"

l’eau, il la domine, en fait ce que bon lui semble. Espérons qu’il ne la dénigre 

pas et cherche plutôt à l’intégrer dans son cadre de vie, tout en la respectant

en tant qu’élément vital !

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