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Programme OVNI : réhabilitation et protection des rapaces
nocturnes
Cris
mystérieux, regard fixe, vol silencieux et
mode de vie nocturne font des
chouettes et hiboux
un cas à part dans le règne animal.
A
la fois craints et honorés, associés à la magie noire, à la mort ou
à la sagesse,
ces oiseaux ont toujours frappé l’imagination.
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Mythes
et légendes
Dans
la mythologie grecque, la chevêche était l'animal préféré d'Athéna, déesse de la sagesse et
protectrice d'Athènes, et l'on pensait qu'une lumière intérieure lui
permettait de voir dans l'obscurité. Si une chevêche survolait les
armées grecques avant une bataille, la victoire était censée leur
appartenir.
Les
Romains croyaient au contraire que le cri du hibou augurait la mort,
et prédirent soi-disant ainsi les décès de Jules César et
d'Auguste. Plus tard, une autre superstition voulait que les sorcières
se transforment en chouettes afin d'aller vider les nouveaux-nés de leur
sang.
Les
Indiens d'Amérique du Nord donnaient à ces oiseaux une connotation bien
plus positive qu'en Europe, le hibou représentant selon eux un lien avec l'au-delà
et accompagnant les âmes dans leur voyage. En
cas de malheur, les Cherokees lui demandaient conseil, tandis que
chez les Apaches, son apparition en rêve annonçait
une mort proche.
Caractéristiques
des rapaces nocturnes
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Grand-duc d'Europe -
(Bubo
bubo) © Indygnome, CC-BY |
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Chouettes
et hiboux sont des
oiseaux rapaces aux moeurs généralement nocturnes rassemblés dans
l'ordre des strigiformes. Leur
tête
volumineuse, parfois surmontée de petites plumes appelées aigrettes,
est capable de pivoter à 270°, et leurs
grands yeux dirigés vers l'avant
au centre de disques faciaux,
mettent à profit la moindre luminosité afin de voir dans la nuit. Leur
bec puissant et crochu est entouré de petites plumes raides. Généralement
sombre et souvent mimétique, leur
plumage doux et soyeux leur autorise un vol silencieux, et leur ouïe
particulièrement développée leur permet de chasser sans même voir
leur proies.
Dans la langue française, on fait une distinction entre
les hiboux et les chouettes, les premiers portant des aigrettes sur la tête
au contraire des chouettes. Ces
plumes ont surtout un rôle esthétique ou d’intimidation et ne jouent
d’ailleurs aucun rôle dans l’audition. Une
croyance populaire présentait la chouette comme la femelle du hibou,
mais il s'agit bien d'espèces différentes qui, mises à part les
effraies, font partie de la famille des strigidés.
Les
différentes espèces présentes sur le territoire
Sur
les 9 espèces de rapaces nocturnes recensées en France métropolitaine,
6 sont présentes en Nord-Pas-de-Calais, et
hormis le grand-duc d’Europe, dont la présence n’est attestée
que dans l’Avesnois, les
autres espèces peuvent s’observer sur toute la vallée de
l’Authie.
Chouette hulotte (Strix
aluco)
Espèce
la plus commune et la plus connue, son hululement (hou
houououou)
entendu tout au long de l'année lui a donné son surnom de
chat-huant. Plus grand rapace nocturne de la région
après le grand-duc d'Europe, elle est présente dans les
bois, forêts et parcs, nichant généralement dans des
trous d'arbres ou de vieux bâtiments, des nichoirs ou d'anciens
nids de corvidés. Exclusivement
nocturne, elle se met en chasse 20 minutes après le coucher
du soleil. On
l'entend surtout en octobre
et novembre, durant
la période de reproduction où les mâles donnent
de la voix afin de marquer leur territoire, et à la fin de
l'hiver. (photo Adam Kumiszcza, CC-BY)
Effraie
des clochers (Tyto alba)
Reconnaissable au dessous de son corps
clair et à son disque facial typique en forme de coeur,
elle vit dans des endroits dégagés, dans des zones cultivées près de
petites agglomérations ou de bâtiments isolés (granges, églises).
Fréquentant
vergers, jardins, friches, marais et cours d'eau, elle niche pourtant de préférence
dans des constructions humaines tels que greniers ou clochers. Son
territoire de chasse s'étend sur 50 ha, mais la densité d'individus varie
en fonction de l’abondance de nourriture et de sites de repos et de
reproduction. Chouette la plus nocturne, elle chasse bien après le coucher
du soleil.
En période de nidification, elle peut se montrer assez bruyante, son
cri étrange évoquant un schffffff prolongé. (photo Stevie-B,
CC-BY)
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Chouette
chevêche (Athene noctua)
Observable
à tout moment de la journée, posée par exemple sur un piquet de clôture,
cette
petite chouette affectionne les paysages
ouverts en plaine (milieux cultivés, prairies),
ainsi que les vieux vergers,
utilisant
pour nicher les cavités présentes dans les vieux arbres. Son
territoire de chasse s'étend en général sur 50 ha et le nombre
d'individus varie en fonction de l'abondance des cavités disponibles. C'est
une chouette bruyante qui pousse de nombreux cris proches du miaulement et du
jappement. Les couples de chevêches sont très unis et attachés à leur
territoire, ne le quittant jamais et en défendant l'accès à leurs
congénères. (photo Trebol-a, CC-BY-SA)
Hibou
des marais ou brachyote (Asio flammeus)
Cette
espèce fréquente
les grandes étendues découvertes, tels que marais, prairies, estuaires ou
champs en friche. Il
niche au sol, parfois sur un tas de matériaux entassés par le couple
après l'accouplement, cependant
sa
nidification est assez rare dans la région.
Sa présence en hiver dépend beaucoup des conditions climatiques, et il
n’hésite pas à migrer dés que la nourriture commence à se faire rare.
Friand de petits mammifères, mais pouvant aussi attraper des oiseaux, il
est fréquent de le voir chasser en plein jour. En
vol, il accompagne son chant (boubouboubouboubou) de claquements
d'ailes sonores "pétaradants". (photo Rodolphe, GFDL/CC-BY-SA)
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Hibou
moyen-duc (Asio otus)
Identifiable
à ses aigrettes et l'iris de ses yeux orangé, il affectionne les
milieux semi-boisés, constitués de conifères ou bosquets denses
pour son repos diurne, et de zones dégagées ou boisements clairs
pour la chasse,
utilisant
souvent pour
nicher d'anciens nids de corneilles ou de pies.
Son
territoire varie en fonction des proies disponibles, presque
exclusivement composées de campagnols, qu'il se met à chasser une demi-heure
avant le coucher du soleil et durant 3 heures, avant de se reposer.
Durant
la journée, il met à profit son plumage mimétique en se tenant
immobile le long d’un tronc d'arbre, et c'est souvent l'excitation
des passereaux le houspillant afin le chasser qui permet de détecter
sa présence. Entendu surtout au début du printemps, son chant est
un hou grave émis toutes les 2 à 8 secondes pendant 10 à 15
minutes. Les
jeunes sont souvent bruyants
à la tombée du jour et en général, très curieux. En
hiver,
des bandes de 50 à 100 individus
aiment se regrouper de jour sur des arbres, souvent des conifères.
Ces sites sont repérables par les fientes et pelotes de réjection
jonchant le sol. (photo Mindaugas
Urbonas,
CC-BY-SA)
Des
oiseaux toujours menacés
Chouettes
et hiboux sont de formidables prédateurs de gros insectes, mais
surtout de petits mammifères tels que mulots, campagnols et autres
souris. Jouant un rôle essentiel dans l'équilibre écologique des
milieux qu’ils fréquentent, ils sont tous intégralement protégés
par la loi. La
principale menace pour l’ensemble de ces espèces reste la
destruction de leurs habitats et la raréfaction des sites de
nidification. Transformation
des prairies en cultures, suppression des haies, disparition des
vergers, assèchement des marais et utilisation des pesticides sont
autant de bouleversements qui les privent de nourriture et de sites
de nidification. L’abattage
des vieux arbres, notamment ceux présentant des cavités empêche
hulottes et chevêches de nicher. La
rénovation "hermétique" des anciens bâtiments agricoles
ou la pose de grillages dans les clochers des églises interdisent à l'effraie
l’accès à ces sites de nidification
. A cela s'ajoute
une mortalité importante liée au réseau routier, particulièrement
meurtrier pour le moyen-duc, la chevêche et l’effraie qui ont
pour habitude de chasser à proximité des routes.
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Comment
les sauvegarder ?
Pour
la deuxième année consécutive, le projet OVNI (Objet volant nocturne
identifiable) a pour objectif de permettre une meilleure
connaissance de la biodiversité sur les territoires des vallées
de l’Authie et de la Canche. Concernant
les chauves-souris et les papillons et rapaces nocturnes, celui-ci
s’articule en plusieurs volets :
-un
volet étude
permettant de recenser la présence et la répartition des espèces
sur les vallées de l’Authie et de la Canche,
-un
volet d’information et de sensibilisation
de la population
(conseils d’aménagement, publication de posters, création
d’une exposition accompagnée de figurines, animations auprès
des scolaires et des accueils de loisirs),
-un
volet d’action et d’aménagement de sites
(aménagement des églises, installation de nichoirs, plantation
de haies).
La
vallée de l’Authie possède encore de nombreux coins de nature préservés,
propices à l’installation des rapaces nocturnes. Quand
les milieux sont favorables, c’est parfois le manque de
sites pour nicher sur un territoire qui peut menacer une espèce ;
il est alors possible d’installer des nichoirs spécifiques.
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Certains
villages situés sur les plateaux présentent des populations de
chouettes chevêches intéressantes. Toutefois ces villages sont
isolés, entourés de cultures où les arbres sont bien rares. Les
chevêches peuvent alors éprouver des difficultés pour circuler
d’un village à l’autre, et le brassage génétique n'effectuant
plus, les populations risquent à moyen terme de décliner et même disparaître.
La
sauvegarde des rapaces nocturnes ne peut se faire sans préserver
leur habitat, il est donc important d’agir sur le maintien, voire
la restauration du paysage.
Information importante -
Chez les rapaces nocturnes, les oisillons quittent souvent le nid avant
de savoir voler. Si vous en croisez un lors d’une de vos promenades, ne
le ramassez pas : il n’est
pas abandonné, car ses parents veillent toujours sur lui et
continuent à le nourrir. Même
si vous pensez bien faire, les jeunes rapaces ne bénéficient pas en
centre de soin de l’éducation de leurs parents et leur émancipation
est souvent compliquée. Pour tout renseignement, vous pouvez contacter
le CPIE Val d'Authie au 03 21 04 05 79, ou par mail à l'adresse vol-de-nuit@cpie-authie.org.
Retrouvez
la base de données cartographiques d'Observ'Authie, mise à jour régulièrement
et présentant l’état des lieux des connaissances
écologiques, environnementales, patrimoniales ou touristiques
dans la vallée de l’Authie, sur www.cpie-authie.org.
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Ministère
de l'écologie, de
l'énergie,
du
Développement
durable et de la Mer
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